Le Bon Marchand de Poisson et ses Leçons Incroyables

 Le Bon Marchand de Poisson et ses Leçons Incroyables

Le Bon Marchand de Poisson et ses Leçons Incroyables

Il était une fois, dans un village japonais paisible entouré de rizières verdoyantes, un jeune homme nommé Takashi. Il avait un cœur pur et de bonnes intentions, mais il souffrait d'un grand défaut… il était extrêmement paresseux ! Il passait ses journées à bâiller et à chercher l'ombre des arbres pour faire la sieste.

Takashi était marié à Oumi, une jeune femme dynamique et intelligente qui cousait des kimonos pour gagner sa vie. Pendant deux ans, Oumi fit preuve d'une grande patience, mais un matin, elle décida qu'il était temps que cela change. Elle apporta un grand panier tressé, rempli de poissons frais aux reflets argentés, et lui dit avec un sourire ferme :

— « Takashi, il est temps de te mettre au travail. Prends ces poissons et va les vendre dans le village pour que nous puissions gagner notre vie. »

Takashi s'étira et répondit d'un ton paresseux :

— « Mais Oumi, je ne sais pas comment font les marchands ! Qu'est-ce que je dois dire aux gens ? »

Oumi rit doucement et répondit :

— « C'est très simple, mon cher mari. Va là où les gens se rassemblent, et crie d'une voix forte et joyeuse : Poisson frais ! Pêche du jour ! Qu'il est délicieux, mon poisson ! »

Takashi prit le panier avec fierté et s'exclama :

— « Très bien, c'est un jeu d'enfant ! »

Premier malentendu : Des cris dans un lieu de deuil

En marchant dans les ruelles du village, Takashi s'entraînait à haute voix. Soudain, il aperçut une grande foule de voisins réunis devant une maison. Ses yeux brillèrent de joie et il se dit : « Merveilleux ! Autant de clients potentiels au même endroit ! »

Il se précipita au milieu de la foule, s'arrêta pile au centre, prit une grande inspiration et hurla de toutes ses forces :

— « Poisson, demandez le bon poisson ! Fraîchement pêché ce matin ! Venez acheter, il est délicieux ! »

Un vieil homme aux yeux rouges de larmes se tourna vers lui, furieux, et lui cria :

— « Imbécile ! Va-t'en d'ici ! Ne vois-tu pas que nous pleurons un homme bon de notre village ? Comment oses-tu vendre du poisson alors que tout le monde est en deuil ? »

Effrayé, Takashi s'excusa :

— « Je suis tellement désolé ! Je ne savais pas… Qu'aurais-je dû faire alors ? »

Le vieil homme essuya ses larmes et lui dit :

— « Dans une telle situation, tu dois baisser la tête tristement et dire : Que l'âme de votre défunt repose en paix, c'était un homme bon. Que Dieu vous donne la force dans cette épreuve. »

Takashi grava ces mots dans sa mémoire et se dit : « D'accord, j'ai compris ! »

Deuxième malentendu : Des larmes en jour de fête

Takashi reprit sa route avec son panier. Un peu plus loin, il entendit des bruits de tambours et de la musique joyeuse. Il vit un autre groupe de personnes vêtues de vêtements colorés entrer dans une grande salle. C'était le mariage de deux jeunes villageois.

Se souvenant immédiatement du conseil du vieil homme, Takashi entra au milieu des invités, baissa la tête, et éclata en sanglots bruyants. S'approchant des mariés, il dit d'un ton profondément tragique :

— « Quel malheur ! Que l'âme de votre défunt repose en paix… C'était un homme si bon. Mes plus sincères condoléances en ce jour si sombre ! »

La musique s'arrêta net. Un silence de plomb s'installa. Le père de la mariée, fou de rage, attrapa Takashi par le col et hurla :

— « Espèce de fou ! Tu pleures et tu présentes des condoléances le jour du mariage de ma fille ? Tu veux nous porter malheur ? Tiens, voilà une leçon pour t'apprendre à réfléchir ! » Et il poussa Takashi si fort qu'il tomba par terre.

Takashi se redressa en époussetant ses vêtements, complètement décontenancé :

— « Oh là là, je me suis encore trompé ! S'il vous plaît, dites-moi ce qu'il faut dire à un mariage ? »

L'homme lui cria :

— « Tu dois sourire et féliciter les mariés en disant : Que le bonheur et la bénédiction soient sur vous, et que vous restiez unis pour toujours ! Et tu peux même chanter une chanson joyeuse pour les divertir ! »

Troisième malentendu : Une chanson au milieu des flammes

Essuyant la poussière de sa déception, Takashi continua son chemin en fredonnant pour s'exercer. Tout à coup, il vit une épaisse fumée noire s'élever d'une maison. Les hommes du village couraient dans tous les sens, portant des seaux d'eau pour éteindre un incendie.

Takashi sourit et se dit : « C'est le moment parfait pour chanter une chanson joyeuse et les encourager ! »

Il se jeta devant la maison en feu, commença à applaudir chaleureusement et à chanter à tue-tête un air de fête :

— « Oh, quel jour de joie et de bonheur ! Que la fête commence et que les cœurs soient en fête ! Vive les mariés ! »

L'un des villageois, dont les vêtements commençaient à roussir à cause de la chaleur, se tourna vers lui. Il lui vira le reste de l'eau de son seau sur la tête et hurla :

— « Tu chantes et tu danses alors que notre maison brûle ?! Au lieu de pousser la chansonnette, tu aurais dû attraper un seau et nous aider à éteindre le feu avant de proposer ton poisson ! »

Honteux et trempé, Takashi répondit :

— « Tu as raison, je suis désolé ! Cela ne se reproduira plus. »

Quatrième malentendu : Le sauvetage du… forgeron !

Takashi continua sa route tout mouillé, se jurant d'aider quiconque se trouverait près du feu. Il passa alors devant l'atelier du forgeron du village. Le vieil artisan battait le fer rouge, et des étincelles s'échappaient du foyer en grand nombre.

Pris de panique, Takashi pensa : « Du feu ! Le vieil homme est en danger, je dois l'aider ! »

Sans dire un mot, Takashi courut vers un grand baril d'eau et le renversa d'un coup sec sur le fourneau, et sur la tête du forgeron par la même occasion !

Le feu s'éteignit instantanément dans un immense nuage de vapeur. Le forgeron resta immobile, l'eau dégoulinant de sa barbe, au milieu de son atelier transformé en mare de boue. Furieux, il leva son marteau et cria :

— « Imbécile ! Qu'as-tu fait à mon outil et à mon feu ?! Pourquoi as-tu jeté cette eau ? »

Takashi répondit, tremblant de peur :

— « Je voulais… je voulais vous sauver des flammes ! »

Le forgeron hurla de plus belle :

— « Quelles flammes ? C'est mon travail depuis cinquante ans, je forge le fer ! Tu dois apprendre à faire la différence entre quelqu'un qui est vraiment en danger et quelqu'un qui fait simplement son travail quotidien ! »

Cinquième malentendu : Une réconciliation musclée

Après avoir présenté ses excuses, Takashi s'enfuit en courant. Plus loin, il entendit des cris et les pleurs d'un enfant provenant d'une maison. En regardant par la fenêtre, il vit un homme et sa femme se disputer violemment.

Takashi se dit : « C'est une dispute, l'enfant pleure, il y a un danger certain. Je dois intervenir ! »

Il entra de force dans la maison et, pensant qu'il fallait agir vite, il leva le poing et frappa le mari sur la tête pour les séparer. Il dit alors avec fierté :

— « Voilà, le danger est écarté ! »

Mais à sa grande surprise, la femme arrêta de pleurer, se tourna vers Takashi avec une colère noire et s'écria :

— « Comment oses-tu frapper mon mari chez nous ?! »

Le mari et la femme s'allièrent immédiatement contre Takashi. Ils le frappèrent à coups de balai et le jetèrent à la rue. En claquant la porte, la femme lui lança :

— « Pour réconcilier les gens, on utilise la discussion, les paroles douces et le calme, pas la violence, espèce d'idiot ! »

Sixième malentendu : Négocier avec des taureaux

Boitant de douleur, Takashi reprenait le chemin de sa maison. À la sortie du village, il tomba sur deux énormes taureaux arrêtés au milieu du chemin, têtes baissées, prêts à se foncer dessus pour se battre.

Se souvenant de la dernière leçon, Takashi se dit avec confiance : « Pas de violence cette fois, je vais les réconcilier par la discussion et la douceur ! »

Il se plaça courageusement juste entre les deux animaux furieux, tendit les mains avec affection et dit d'une voix douce :

— « Chers amis taureaux, pourquoi cette colère ? La paix vaut mieux que la guerre. Discutons calmement, reculez et soyez raisonnables… »

Les deux taureaux regardèrent cette drôle de créature qui s'interposait entre eux. Au lieu de se calmer, ils s'unirent contre lui ! Ils chargèrent en même temps et lui donnèrent un terrible coup de corne qui projeta Takashi dans les airs. Il s'écrasa au milieu de buissons épineux en hurlant :

— « Aïe ! Mon dos ! Au secours, aidez-moi ! »

Le retour et la grande leçon

Le soir venu, Takashi rentra chez lui en traînant son panier, vide d'argent mais rempli de poissons complètement écrasés. Son corps était couvert de bleus et ses vêtements étaient en lambeaux.

Oumi l'accueillit avec stupeur. Elle l'installa confortablement et commença à soigner ses blessures tout en écoutant le récit de ses incroyables mésaventures. Au lieu de se fâcher, Oumi lui sourit tendrement et dit :

— « Takashi, il est évident que la vente de poisson n'est pas faite pour toi, et tu as encore beaucoup à apprendre sur le comportement des gens. »

Il baissa la tête, triste :

— « J'ai échoué, Oumi, et je n'ai attiré que des ennuis. »

Elle lui caressa doucement les cheveux et répondit :

— « Non, mon cher mari, tu n'as pas complètement échoué. Les blessures guérissent, mais le plus important, c'est que tu as vaincu ta paresse. Tu es sorti, tu as affronté la fatigue et tu n'as pas abandonné au premier obstacle. Tu as continué d'essayer, et c'est une grande preuve de courage. Demain, nous réfléchirons ensemble à un nouveau travail qui correspondra mieux à la gentillesse de ton cœur, mais cette fois, nous t'apprendrons à réfléchir avant d'agir ! »

Takashi sourit, le cœur réchauffé par ses paroles, et se promit de devenir, dès ce jour, un jeune homme sage et travailleur.

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