Cahin-Caha, le caneton
Cahin-Caha, le caneton jaune, s‘est encore une fois fait disputer. Ce n’est pourtant pas sa faute s’il n‘aime pas l'eau froide ! D'accord, pour un caneton, ce n‘est pas de chance. Mais il est comme ça, Cahin-Caha. Lui, ce qu'il aime, c'est se percher en haut d'un rocher et sauter, oh ! pas très haut. Mais cela suffit à lui donner l'impression de voler. L'impression seulement. Sa mère lui a dit mille fois :
« Mon poussinet joli, nous, les canards de ferme, nous ne volons pas. Mets-toi bien ça dans ta petite tête d’oiseau. — Pourtant, maman, eux, là-haut, ils volent ! — Certes, mais ce n’est pas pareil. Ce sont des canards sauvages. Tu n’es pas heureux, ici ? Tu es à l’abri des chasseurs, des renards et des aigles. »
Cahin-Caha sait bien que sa maman a raison, quoique... Il lui demande parfois pourquoi l’oncle Octave, la tante Perle ou le vieux coq ont un jour disparu soudainement, ou pourquoi des tas d'œufs disparaissent chaque matin. Qui les prend ? Maman cane fait semblant de ne pas savoir, mais Cahin-Caha a sa petite idée. Aussi, dès qu'il sera grand, il tentera un grand saut jusque sur le toit de la ferme, et de là...
Parce qu’enfin, les autres canards n'ont pas des ailes plus grandes que les siennes. L'autre matin, il en a vu une bande posée sur I’étang ; comme il se dirigeait vers eux, malgré sa répugnance pour l'eau froide, ils se sont envolés tous ensemble. Cela a fait un dessin dans le ciel, comme les ailes d'un avion.
Cahin-Caha a essayé de faire comme eux. Il a battu des ailes comme un fou pour décoller, mais plouf ! Maman cane a peut-être raison, finalement.